Non loin des travestis se prépare un autre spectacle qui va durer jusqu’au petit jour, fruit d’une année de travail durant laquelle les idées les plus folles naissent et se concrétisent pour 80 min de gloire. Ce spectacle-là se joue, en partie, à guichet fermé dans l’enceinte de l’Esplanade de la Samba. Des vendeurs vont et viennent proposant des billets 5 fois plus chers.
Mais à l’extérieur, au milieu de tous, se donne à voir la première partie du défilé : la préparation.
Traversant la foule en extase, s’arrêtant pour acheter un hot-dog, des brochettes de viande saupoudrées de farine de manioc, ou discuter en toute simplicité, les participants arrivent de toutes parts costumés ou portant leur tenue d’un soir sous le bras.
Nous assistons, bouche bée, à ce va et vient de costumes jaunes, verts, blancs, violets, irisés et de jeunes femmes habillées de minuscules bouts de tissu, perchées sur leurs talons et faisant bouillir le sang des hommes et nullement gênées par les regards insistants . Tous se réunissent sur une grande place où ils terminent de s’habiller, se laissant photographier avec beaucoup de plaisir.
Les 4 écoles de samba, (20 à Rio) défilent selon un ordre pré-établi pendant 80 min chacune. Nous réalisons que nous n’avons devant nous qu’une seule école représentant 2500 personnes divisées en 6 groupes, chacun possédant une tenue différente. Chaque école choisi un thème qu’elle exprime à travers les costumes, les chars, la musique. Un thème commun est imposé à chacune dans tout le Brésil : les femmes de Baya avec leurs jupons bouffants.
Les sous-groupes sont appelés à entrer, à prendre place sur les chars mais il faudra encore de longues min avant que les premiers ne ressentent l’adrénaline provoquée par les cris, les applaudissements des milliers de spectateurs, les flashs, les caméras de TV qui transmettent en direct et la samba qui s’empare de leur corps. Pauvres ou riches, hommes ou femmes, ils s’oublient leur réalité le temps du défilé qui est pour eux une consécration.















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