Nous sommes au N de Salvador de Bahia, à Praia do Forte sur la Linha Verde et pourtant nous demeurons à Rio sur le blog. Nous avons découvert, depuis, l'Espirito Santo et Bahia. Des plages de rêve mais aussi l'intérieur du pays bien différent et non moins intéressant, parfois proche de l'Afrique. Nous avons également fait des rencontres qui restent gravées dans nos coeurs : Michel et Josiane, Ana Maria, Robert et Melba, Manja, Claudio, Marcus, Christian et Tuna et bien d'autres encore.
Malheureusement, nos esprits sont préoccupés et nous mettons donc le blog en veille quelques temps.
Les voyageurs savent la beauté du Brésil et la bonté de sa population mais de tous les pays que nous avons déjà parcourus, il est le plus dangereux.
A Itaparica, sur l'île en face de Salvador de Bahia, nous avons rencontré Manja, retraitée suisse installée au Brésil depuis 3 mois. Elle nous propose de nous installer chez elle. Par malchance, le portail est trop bas et nous devons laisser le c.car devant la maison. Nous hésitons un moment puis acceptons. Les garçons profitent de la piscine, Lucas et Philippe font du cheval. A l'heure du coucher, nous laissons notre hôte et retournons dans le c.car. Une première nuit tranquille, puis une deuxième tout aussi calme. Manja nous propose de garder les garçons pendant que nous prenons le bateau et passons une journée à Salvador.
Au retour, les garçons sont dans la piscine et en sortent difficilement pour dîner. Philippe s'est absenté pour aller au c.car mais tarde à revenir.
Nous étions loin d'imaginer qu'en sortant de la maison, un homme masqué et armé s'est jeté sur lui. Braquant son 9 mm sur sa tête, il lui a vidé son portefeuille puis lui a fait ouvrir le c.car. Un complice, caché jusqu'alors, les a rejoints, s'est emparé de notre machette brésilienne.
Pendant que l'un d'eux le tenait en joue, l'autre vidait les placards et faisait un balluchon de nos biens.
Utilisant, ensuite, Philippe comme bouclier, ils exigent que Manja enferme ses chiens dans le chenil.
La voix de Philippe, très calme derrière le portail et ses propos nous laissent Manja et moi sans voix quelques secondes, nous demandant s'il s'agit ou pas d'une plaisanterie . Mais Philippe insiste:" Nasséra, Manja, j'ai deux gars derrière moi, un pistolet sur la tête, ils veulent que les chiens soient enfermés."
Tout cela semble surréaliste, d'autant plus que derrière le portail nous ne les voyons pas. Pendant que Manja appelle les chiens, les garçons et moi courrons nous cacher dans une cabane désaffectée. Nous restons assis dans le noir de longues minutes. Les garçons ont compris le danger, ils restent muets et immobiles, Lucas est gelé par la peur.
Nous entendons des voix dans le jardin puis un coup de feu. Sur qui a-t-on tiré? La détonnation est suivie par le silence, aucune plainte ne nous parvient. Que devons-nous faire? Sortir? Rester là? Ne vont-ils pas nous chercher et finir par nous trouver?
De l'autre côté, un des hommes est resté avec Philippe près de la piscine, le mençant avec la machette. L'autre, pistolet à la main, entraîne Manja vers la maison lorsque surgit Boy, le chien que Manja n'avait pas réussi à enfermer. L'homme tire sur lui sans hésitation. Ils dérobent encore quelques sous à Manja puis s'enfuient.
Philippe et Manja nous appellent et nous pouvons enfin sortir.
Dans le voisinage, personne n'a réagi après le coup de feu.
Prévenus, deux policiers arrivent après le départ des voleurs mais n'entrent ni dans la maison ni dans le c.car. Nous les suivons pour faire une déposition. L'intérêt que porte l'agent, qui nous reçoit, à notre affaire nous laisse peu d'espoir de retrouver nos biens: 1 ordinateur, 2 appareils photos, 1 caméscope, 1 GPS, 1 MP4. 2 paires de jumelles, de l'argent , des vêtements et des couteaux.
Ils sont partis à pieds à travers le barrio, l'ordinateur et le balluchon sur les épaules. Il est impossible qu'ils soient passés inaperçus et pourtant jusqu'à présent nous n'avons aucune nouvelle. Les autorités locales ont profité de cette affaire pour accélérer la mutation de la commissaire de police. Nous avons essayé d'autres pistes que la police mais sans succès.
Nous avions par chance sauvegardé nos photos jusqu'à Rio sur un disque dur externe qu'ils ont épargné. Toutes les photos entre Rio et Salvador sont perdues.
Après ces frayeurs et pour des raisons financières, nous avons décidé de redescendre en Argentine. Nous y laisserons le c.car 8 mois et rentrerons en France pour exorciser nos peurs et travailler. Au terme de ces 8 mois, nous espérons reprendre notre voyage.
Nous reprendrons le blog dès que nous serons posés et un peu plus sereins.
A tous ceux qui nous ont suivis et soutenus, merci.






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